Une récente décision de la Cour de cassation met en lumière une réalité brutale pour les agents de sécurité : l’absence de carte professionnelle valide entraîne une « disparition juridique » du salarié, peu importe son ancienneté ou son professionnalisme. Entre lenteurs du CNAPS et rigueur législative, le syndicat SPS tire la sonnette d’alarme sur la précarisation d’une profession sous haute tension.
Dans le secteur de la sécurité privée, le sésame indispensable à l’exercice du métier — la carte professionnelle — est devenu un facteur de fragilité extrême pour les salariés. Le 7 janvier 2026, la Cour de cassation (pourvoi n° 24-15.367) a réaffirmé une jurisprudence stricte : sans ce titre valide, le contrat de travail est de fait suspendu ou rompu, plaçant l’agent dans une impasse totale.


Le « silence » du CNAPS : un refus implicite dévastateur.


Le syndicat SPS dénonce une situation où l’administration, par ses délais de traitement excessifs, devient un vecteur de précarité. L’exemple d’un adhérent de l’entreprise Securitas est à ce titre édifiant. Malgré une demande de renouvellement déposée en temps et en heure, accompagnée de tous les justificatifs et de la preuve de réalisation du stage obligatoire, le silence du CNAPS (Conseil National des Activités Privées de Sécurité) a conduit à un « refus implicite».
Conséquence immédiate : le salarié perd son droit de travailler, alors même qu’il a rempli toutes ses obligations légales. Pour le syndicat SPS, cette lenteur administrative transforme des professionnels investis en travailleurs précaires du jour au lendemain.

Un coût financier et moral lourd pour les agents.


Au-delà de la perte d’emploi, le combat pour faire valoir ses droits est coûteux. Dans le dossier cité par le syndicat, les carences de l’administration ont engendré plus de 4 000 € de frais pour le salarié. Si une partie de cette somme a pu être couverte par les fonds sociaux de l’employeur grâce à l’intervention du syndicat, SPS souligne que cette solidarité ne saurait dédouaner l’État de sa responsabilité.

L’appel à la vigilance et l’action du Syndicat SPS.


Face à ces risques juridiques et financiers, le syndicat SPS a décidé d’interpeller directement les autorités. Un courrier recommandé a été adressé au Ministre de l’Intérieur pour signaler ces dysfonctionnements et demander une meilleure sécurisation du parcours de renouvellement des cartes professionnelles.
Le syndicat appelle également tous les agents de sécurité à une « vigilance accrue » :

  • Anticiper les démarches : Ne pas attendre les derniers mois pour lancer le renouvellement.
  • Vérifier la validité : S’assurer de la conformité de chaque document fourni.
  • Se faire accompagner : En cas de retard administratif ou de silence du CNAPS, ne pas rester seul face aux conséquences contractuelles.

Nous resterons pleinement mobilisés pour garantir la sécurité juridique des agents de sécurité et veiller au respect des obligations de l’administration », martèle l’organisation syndicale, qui rappelle que la protection des droits des salariés est le seul rempart contre une précarisation institutionnalisée.
En savoir plus sur vos droits : Retrouvez l’intégralité de l’analyse juridique et la décision de la Cour de cassation sur le site du Syndicat SPS.