Securitas France a annoncé une envolée de 25 % de son bénéfice net au 1er trimestre 2025. La marge opérationnelle grimpe de 6 % à 6,4 %, avec un objectif affirmé d’atteindre 8 % d’ici la fin de l’année. Sur le papier, la performance impressionne. Mais à y regarder de plus près, cette réussite soulève de sérieuses questions.
Ce résultat n’a rien de miraculeux. Il est avant tout le fruit d’économies internes massives, mises en œuvre depuis l’arrivée de Monsieur Frank Lambrigts, Président Securitas France. Celui-ci a été nommé avec une feuille de route limpide : redresser les indicateurs financiers, peu importe les conséquences sociales.
Il succède à Monsieur Luc Guilmin ancien Président Securitas France, tristement connu pour avoir tenté de supprimer la prime d’ancienneté de milliers d’agents de sécurité, au lieu de défendre leur pouvoir d’achat. Son manque de résultats a fini par provoquer son éviction par les actionnaires.
Depuis, la nouvelle direction a lancé une restructuration brutale : fermetures d’agences, ruptures conventionnelles “volontaires” mais souvent poussées, et transactions financières camouflant des départs imposés. Le seuil de la pression acceptable a clairement été dépassé.
- Des licenciements massifs ont également été engagés, dans un objectif unique : réduire les effectifs et abaisser les coûts. Parmi les victimes de cette politique, des salariés reconnus en situation de handicap par la médecine du travail, dont le seul “tort” fut d’exiger le respect de leurs restrictions médicales. Des cas concrets et récents le confirment.
À cela s’ajoutent des coupes sur les loyers, les frais de gestion, et une hausse des marges imposée aux clients en début d’année. Cela a provoqué la perte de plusieurs sites, notamment en Île-de-France — une réalité que la direction tente de minimiser.
Et sur le plan social ? Rien. Aucune revalorisation des salaires, aucune amélioration des conditions de travail, aucun investissement pour les agents sur le terrain. Ces femmes et ces hommes — piliers invisibles de la sécurité au quotidien — continuent d’être ignorés.
Pire encore : pour affaiblir le dialogue social, Securitas a réduit le nombre d’établissements, en fusionnant en Île-de-France plusieurs entités historiques. Objectif non dissimulé : limiter les instances représentatives du personnel et réduire l’influence syndicale. Une logique purement gestionnaire, déconnectée des réalités humaines.
Nous demandons que l’entreprise fasse toute la lumière sur l’origine de ses bénéfices. Car ces résultats, obtenus sans le moindre engagement envers ses salariés, sont éthiquement discutables. Il ne peut y avoir de succès pérenne sans respect de celles et ceux qui le rendent possible.
Analyse d’un ancien salarié et syndicaliste de Securitas, qui continue de suivre avec vigilance l’évolution de l’entreprise, dans le rétroviseur.

