Le revers de la médaille : un témoignage sans concession sur le métier d’agent de sécurité.

Le 31 décembre 2024, après plus de vingt ans passés au sein de la même entreprise, j’ai pris une décision radicale : tourner la page. Quitter une stabilité devenue pesante, pour espérer trouver un nouvel élan professionnel.

Avant ce saut dans l’inconnu, j’ai sollicité une connaissance à la tête d’une société de sécurité sous-traitante. Ses enfants, désormais dirigeants, m’avaient promis monts et merveilles : un poste en SSIAP (Service de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personnes) au sein d’un hôpital. Un engagement verbal qui semblait sérieux.

Confiant, j’ai signé un CDD de quatre mois, persuadé d’avoir trouvé une transition solide.

De l’espoir au désenchantement.

La réalité a vite balayé mes illusions. Au lieu de l’hôpital promis, je me suis retrouvé affecté dans un Monoprix parisien bondé, avec un planning chaotique et des affectations changeant du jour au lendemain. Pire encore, j’ai été placé à plusieurs reprises sur des postes de chef d’équipe SSIAP 2, sans jamais percevoir la prime légale correspondante.

Face à cette instabilité permanente, j’ai repris mes recherches. Le 24 avril, j’ai signé un contrat renouvelable avec une autre entreprise, réduisant mon engagement avec la première société au strict minimum. Résultat : mes conditions de travail se sont améliorées de 90 %. Aujourd’hui, j’occupe un poste de chef d’équipe sur un remplacement de longue durée, dans un cadre bien plus sain.

Le 13 juin, mon contrat avec la première société s’est enfin terminé. Un véritable soulagement, sans regret, et avec une certitude : ne jamais retravailler avec eux.

Ce que j’ai vu et entendu : pratiques illégales et humiliations.

Durant ces quatre mois, j’ai côtoyé des dizaines d’agents de sécurité. Leurs confidences ont révélé un tableau inquiétant :
Des heures supplémentaires payées en liquide à 10 €, loin du minimum légal.
L’obligation de reverser une partie de cet argent au gérant, pour que ces heures soient validées.

Un système opaque et humiliant, qui profite de la précarité pour imposer ses règles illégales.

Le jour où j’ai compris l’ampleur du problème.

Le 13 juillet, mon salaire de fin de contrat ne tombait pas. J’ai écrit à la RH, qui m’a convoqué pour récupérer mes documents et mon paiement le 18 juillet.

Je suis arrivé avec quinze minutes de retard et ai eu droit à des reproches. Puis, une heure entière d’attente dans un hall impersonnel. C’est là que j’ai découvert un tableau qui m’a sidéré :

En lettres rouges, deux colonnes bien distinctes :
« Agents sur le viseur » – une quinzaine de noms.
« Interdiction formelle d’heures supplémentaires » – une trentaine d’autres noms.

De la discrimination affichée et assumée, placardée publiquement, sans la moindre gêne.

Un secteur qui laisse ses agents à la dérive.

J’ai signé mon solde de tout compte, pris mes documents, mon chèque, et je suis parti. Durant mon attente, j’ai vu défiler un flux continu d’agents venus, comme moi, récupérer leurs documents de fin de contrat. Tous semblaient soulagés de quitter cette entreprise.

Ce témoignage n’est pas qu’un récit personnel : il illustre un problème plus large dans le secteur de la sécurité privée, où trop d’entreprises prospèrent sur la précarité, les abus et le silence.

Votre syndicat reste à vos côtés pour défendre vos droits et vous accompagner en cas de conflit avec votre employeur.

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