Préface :
Dans de nombreux établissements, des Agents de Sécurité Incendie et d’Assistance a Personne formés pour la sécurité incendie (SSIAP) se voient régulièrement assigner des missions relevant de la sécurité privée, comme le contrôle d’accès ou la surveillance des allées. Cette pratique illégale, contraire à l’arrêté du 2 mai 2005, détourne ces spécialistes du feu de leur véritable rôle : prévention des sinistres, surveillance technique des équipements, intervention en urgence et gestion des évacuations.
Ce mélange des rôles compromet gravement la réactivité face aux incendies et expose établissements et responsables à des sanctions pénales, administratives et financières. En cas d’incident, la responsabilité civile et pénale du chef de service SSIAP 3 peut être engagée, et les assurances sont susceptibles de refuser toute prise en charge. Les agents, quant à eux, se retrouvent dans une situation de fragilité professionnelle, mis en danger par des missions pour lesquelles ils ne sont ni formés ni autorisés.
Les acteurs de la sécurité incendie appellent les pouvoirs publics – Ministère de l’Intérieur, Sécurité Civile et CNAPS – à renforcer les contrôles et à sanctionner fermement ces dérives. Il est crucial de respecter la répartition claire des compétences : un agent SSIAP ne doit pas être transformé en AGENT DE SECURITE , sous peine de jouer avec des vies humaines.
Paris, le 24 juillet 2025 – La scène est de plus en plus courante : un agent, pourtant formé pour sauver des vies en cas d’incendie, se retrouve à contrôler des badges à l’entrée ou à surveiller des allées de magasin. Ce n’est pas une anomalie isolée, mais une dérive préoccupante qui secoue le monde de la sécurité : le détournement illégal des Agents des Services de Sécurité Incendie et d’Assistance à Personnes (SSIAP) vers des missions de sécurité privée. Une pratique qui, en plus d’être illégale, fait peser de lourds risques sur la sécurité de tous.
Des Casquettes Confondues, des Vies en Jeu :
L’arrêté du 2 mai 2005 est pourtant limpide. Les agents SSIAP sont des spécialistes du feu, formés pour prévenir les sinistres, surveiller les équipements, intervenir en urgence, organiser les évacuations et assister les secours. Leurs missions sont claires : prévention incendie, surveillance technique, intervention rapide, gestion de l’évacuation et assistance aux services publics. Pas de surveillance humaine, pas de contrôle d’accès, pas de protection contre les actes de malveillance. Ces tâches, fondamentales mais différentes, relèvent de la sécurité privée et nécessitent une carte professionnelle spécifique délivrée par le CNAPS (Conseil National des Activités Privées de Sécurité).
« C’est comme demander à un pompier de faire la circulation, » s’insurge un professionnel du secteur. « Chaque métier a ses compétences, ses formations et ses habilitations. Confondre les rôles, c’est mettre en péril la sécurité des personnes et des biens. »
Un Risque Multiple pour Tous :
Les conséquences de ce mélange des genres sont alarmantes :
- Une Sécurité à Demi-Motif : Si un incendie se déclare alors que les agents SSIAP sont occupés à des tâches annexes, la réaction vitale peut être retardée, transformant un incident mineur en catastrophe.
- La Loi Bafouée : Cette pratique est une infraction directe au Code de la sécurité intérieure. Les établissements s’exposent à de lourdes amendes, des sanctions administratives du CNAPS, et des poursuites de l’inspection du travail.
- Une Responsabilité Engagée : Le chef de service SSIAP 3, garant de la sécurité incendie, endosse une responsabilité pénale et civile majeure en cas de non-respect de la législation. En cas d’incident, l’assurance pourrait même refuser de couvrir les dommages.
- Des Agents en Fragilité : Les agents SSIAP se retrouvent à effectuer des missions pour lesquelles ils ne sont pas formés ni autorisés, créant un malaise professionnel et une exposition inutile aux risques.
Appel Urgent aux Pouvoirs Publics
Face à cette dérive, les acteurs de la sécurité incendie lancent un appel pressant aux autorités. Le Ministère de l’Intérieur, la Direction Générale de la Sécurité Civile et de la Gestion des Crises, et le CNAPS sont invités à intensifier les contrôles et à appliquer avec fermeté les sanctions prévues par la loi. Il est impératif de rappeler à tous les responsables d’établissements que la sécurité incendie n’est pas une variable d’ajustement budgétaire.
« Un agent SSIAP n’est pas un vigile, » martèle un représentant syndical. « Le détourner de sa mission, ce n’est pas seulement enfreindre un règlement, c’est jouer avec des vies. »
La clarté des rôles et le respect de la législation sont les piliers d’une sécurité efficace. Il est temps de remettre chaque agent à sa juste place, pour la protection de tous.

