Dans la sécurité privée, derrière chaque planning, il y a une vie. Une famille. Un équilibre fragile.


Cette chronique raconte l’histoire de Hamady Kamassokho, chef d’équipe SSIAP 2, confronté à une réalité trop souvent banalisée : la remise en cause brutale d’un engagement pourtant clair, accepté, appliqué… puis nié.

Une histoire ordinaire, tristement révélatrice.

La parole donnée n’engage-t-elle plus ?

Dans le quotidien des agents de sécurité, un planning n’est jamais un simple tableau d’horaires. Il structure le temps, organise la vie personnelle, permet d’anticiper, de tenir, de durer. Pourtant, il peut devenir une arme silencieuse lorsque la parole donnée cesse d’avoir valeur d’engagement.

L’histoire commence avant même l’embauche.

Un accord déterminant pour accepter le poste.

Avant de quitter son ancien employeur, SECURITAS France pour rejoindre ASC Sécurité, Hamady Kamassokho pose une condition claire, non négociable :
conserver son planning habituel — jeudi, vendredi, samedi et un dimanche sur deux — déjà appliqué sur les sites UNIBAIL (URW).

La réponse de l’employeur est sans ambiguïté :
« Ne vous inquiétez pas, votre planning sera maintenu. »

Sans cette garantie, le contrat n’aurait jamais été signé.
La parole donnée est alors déterminante.

Onze mois de stabilité et de confiance.

De février à décembre 2025, après la reprise du site Les Ateliers Gaîté Montparnasse, l’accord est respecté.
Chaque mois, le planning reste identique.
Onze mois de constance, sans contestation, sans incident.

Ces plannings existent, ils sont archivés, traçables, vérifiables.
Ils matérialisent un accord verbal devenu, par sa répétition, une pratique établie.

La confiance semblait installée.

Janvier 2026 : le passage en force.

Puis vient janvier 2026.
Sans échange préalable, sans concertation, un nouveau planning est imposé.
Le rythme change. L’équilibre disparaît.

Le salarié réagit immédiatement. Il écrit, rappelle l’accord initial et demande :

  • soit le maintien du planning appliqué depuis près d’un an,
  • soit l’ouverture d’un dialogue pour trouver une solution acceptable.

La réponse est un refus.

Quand la loyauté devient une faute.

Face à cette décision unilatérale, Hamady Kamassokho continue de travailler selon le planning de 2025, celui que l’entreprise elle-même avait validé pendant onze mois.

Mais soudain, ce qui était conforme devient problématique.
On lui réclame des justificatifs d’absence.
On évoque des sanctions disciplinaires.

« Ce qui était normal hier devient fautif aujourd’hui », résume l’agent.

La fidélité au cadre établi se transforme en grief.

L’argument de l’« équité »

Pour justifier ce revirement, l’employeur invoque l’équité entre salariés et affirme que le contrat de travail n’a pas été modifié.

Mais peut-on parler d’équité quand on efface un engagement qui a conditionné une embauche ?
Peut-on parler de dialogue social lorsque le salarié est placé devant le fait accompli après onze mois de pratique constante ?

Derrière l’argument organisationnel se dessine une réalité bien connue du secteur :
les agents deviennent des variables d’ajustement, et la parole donnée une option.

La position du syndicat SPS.

Pour le syndicat SPS, la situation est limpide :
• un accord verbal déterminant, appliqué pendant onze mois, engage juridiquement l’employeur ;
• un planning structurant pour la vie personnelle ne peut être modifié brutalement sans accord ;
• menacer de sanctions un salarié loyal constitue une pression injustifiée.

Le SPS soutient pleinement le salarié et exige soit le maintien du planning convenu, soit l’ouverture d’un véritable dialogue.
À défaut, le syndicat accompagnera toutes les démarches nécessaires pour faire respecter ses droits.

Pourquoi raconter cette histoire ?

Parce qu’elle n’est pas isolée.
Parce qu’elle parle à des milliers d’agents.
Parce que derrière chaque planning, il y a une vie, une famille, un équilibre fragile.

Sans respect de la parole donnée, il n’y a ni confiance, ni justice sociale.

Chronique publiée par le Syndicat SPS
Défendre, représenter, faire respecter les droits des agents de sécurité privée.