Madame, Monsieur,

Le secteur de la sécurité privée traverse une crise profonde, structurelle et désormais impossible à ignorer. Les constats sont connus : pression tarifaire, concurrence déloyale, sous‑traitance en cascade, marges insuffisantes, salaires stagnants, difficultés de recrutement et fragilisation des entreprises vertueuses. Cette situation met en péril l’équilibre économique de la filière et la dignité de milliers d’agents.

Un modèle économique fragilisé par des pratiques déviantes.

La sous‑traitance en cascade, devenue courante dans certains segments du marché, alimente une course au moins‑disant qui détruit progressivement la profession. Les prix imposés aux sociétés sous‑traitantes sont parfois incompatibles avec le respect du droit du travail, des obligations sociales et des exigences de qualité.

Ces pratiques créent un déséquilibre profond entre les obligations légales des entreprises et les moyens économiques réellement disponibles pour les assumer. Elles pénalisent les acteurs vertueux et favorisent les opérateurs les moins scrupuleux.

La détresse silencieuse des agents.

Les agents de sécurité subissent directement les conséquences de ce modèle défaillant. Beaucoup n’osent plus s’exprimer, certains se résignent, d’autres quittent la profession. Cette hémorragie traduit un malaise social profond et un sentiment d’abandon. Chaque départ est un avertissement adressé à l’ensemble de la filière.

Des contrôles indispensables pour assainir le secteur.

Afin de restaurer un fonctionnement sain et conforme à la loi, nous demandons la mise en place de contrôles ciblés sur l’ensemble des sociétés qui pratiquent la sous‑traitance en cascade, afin de vérifier :

•⁠ ⁠les prix réellement imposés aux sous‑traitants ;
•⁠ ⁠la conformité des pratiques contractuelles ;
•⁠ ⁠le respect des obligations sociales et légales ;
•⁠ ⁠l’absence de contournement des règles de la profession.

Ces contrôles sont indispensables pour lutter contre les dérives économiques qui fragilisent les entreprises responsables et mettent en danger les salariés.

Renforcer les moyens du CNAPS.

Le CNAPS joue un rôle essentiel dans la régulation et la moralisation du secteur. Pourtant, ses effectifs restent insuffisants au regard de l’ampleur des enjeux et du nombre d’entreprises à contrôler.

Nous demandons que les effectifs de contrôleurs du CNAPS soient triplés dans le secteur de la sécurité privée, afin de:

•⁠ ⁠intensifier les contrôles sur le terrain ;
•⁠ ⁠lutter efficacement contre les pratiques illégales ;
•⁠ ⁠protéger les entreprises vertueuses ;
•⁠ ⁠garantir la sécurité juridique et sociale des agents.

Un secteur aussi stratégique que la sécurité privée ne peut fonctionner durablement sans une autorité de contrôle dotée de moyens à la hauteur de ses missions.

Une responsabilité partagée.

Les pouvoirs publics ont un rôle déterminant à jouer. Il est indispensable :

•⁠ ⁠d’imposer aux donneurs d’ordre, y compris publics, des prix compatibles avec la loi et la dignité des salariés ;
•⁠ ⁠de soutenir les entreprises qui respectent leurs obligations ;
•⁠ ⁠de mettre fin aux pratiques destructrices qui tirent toute la profession vers le bas.

La sécurité privée est un maillon essentiel de la chaîne de sécurité nationale. Elle mérite un cadre économique stable, des contrôles efficaces et une reconnaissance à la hauteur de son rôle.

Nous vous demandons solennellement d’agir, pour les agents, pour les entreprises et pour l’avenir de toute une profession.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de notre considération distinguée.

Paris, le 27 Février 2026

Le SYNDICAT SPS